—Si je n’étais pas ton ami, je te dirais des choses très dures.
—Et moi je ne te les laisserais pas dire.
—Voyons, écoute, mon cher, cette enfant me fait pitié. Elle pleurait tantôt.
—Bah! elle pleurait? Tiens, ça me flatte!
—Voyons, ne plaisante pas. Que comptes-tu faire?
—Moi? Rien.
—Voyons, tu t’es avancé avec elle jusqu’à la compromettre. Tu nous disais l’autre jour à ta sœur et à moi que tu pensais à l’épouser...
Gontran s’arrêta, et avec un ton railleur où perçait une menace:
—Ma sœur et toi feriez mieux de ne pas vous occuper des amourettes des autres. Je vous ai dit que cette fille me plaisait assez et que s’il m’arrivait de l’épouser je ferais un acte sage et raisonnable. Voilà tout. Or il se trouve qu’aujourd’hui l’aînée me plaît davantage! J’ai changé d’avis. Cela arrive à tout le monde.
Puis, le regardant en pleine figure: