Au bruit du timbre, il s’éveilla, se leva, et reconnaissant le docteur, vint au-devant de lui, les mains tendues.
Sa redingote noire, tigrée de taches d’acides et de sirops, beaucoup trop vaste pour son corps maigre et petit, avait un aspect d’antique soutane; et l’homme parlait avec un fort accent polonais qui donnait à sa voix fluette quelque chose d’enfantin, un zézaiement et des intonations de jeune être qui commence à prononcer.
Pierre s’assit et Marowsko demanda:
—Quoi de neuf, mon cher docteur?
—Rien. Toujours la même chose partout.
—Vous n’avez pas l’air gai, ce soir.
—Je ne le suis pas souvent.
—Allons, allons, il faut secouer cela. Voulez-vous un verre de liqueur?
—Oui, je veux bien.
—Alors je vais vous faire goûter une préparation nouvelle. Voilà deux mois que je cherche à tirer quelque chose de la groseille, dont on n’a fait jusqu’ici que du sirop... eh bien! j’ai trouvé... j’ai trouvé... une bonne liqueur, très bonne, très bonne.