SCÈNE II.
Il s’approche de la jeune femme qui lit avec attention Gil Blas, et d’une voix douce:
—Me permettez-vous, madame, de me rappeler à votre souvenir?
Mme de Chantever lève brusquement la tête, pousse un cri, et veut s’enfuir. Il lui barre le chemin, et, humblement:
—Vous n’avez rien à craindre, madame, je ne suis plus votre mari.
Mme de Chantever.—Oh! vous osez? Après... après ce qui s’est passé!
M. de Garelle.—J’ose... et je n’ose pas... Enfin... Expliquez ça comme vous voudrez. Quand je vous ai aperçue, il m’a été impossible de ne pas venir vous parler.
Mme de Chantever.—J’espère que cette plaisanterie est terminée, n’est-ce pas?
M. de Garelle.—Ce n’est point une plaisanterie, madame.
Mme de Chantever.—Une gageure, alors, à moins que ce ne soit une simple insolence. D’ailleurs, un homme qui frappe une femme est capable de tout.