La comtesse dit à sa fille:
—Tu peux continuer, mon enfant; ça ne le gêne pas.
Il demanda:
—Que faisait-elle donc?
—Elle étudiait une fantaisie.
Annette se leva pour aller au piano. Il la suivait de l’œil, sans y songer, ainsi qu’il faisait toujours, en la trouvant jolie. Alors il sentit sur lui le regard de la mère, et brusquement il tourna la tête, comme s’il eût cherché quelque chose dans le coin sombre du salon.
La comtesse prit sur sa table à ouvrage un petit étui d’or qu’elle avait reçu de lui, elle l’ouvrit, et lui tendant des cigarettes:
—Fumez, mon ami, vous savez que j’aime ça, lorsque nous sommes seuls ici.
Il obéit, et le piano se mit à chanter. C’était une musique d’un goût ancien, gracieuse et légère, une de ces musiques qui semblent avoir été inspirées à l’artiste par un soir très doux de clair de lune, au printemps.
Olivier demanda: