—Nous l’attendrons en bas. Cela nous fera gagner quelques instants.

Il avait lui-même endossé son pardessus sur son habit. Il s’approcha de sa femme, avec l’air un peu cérémonieux qu’il ne quittait jamais, et lui offrit le bras, pour sortir. Elle le prit et, après de brefs saluts, ils s’en allèrent côte à côte vers celui qui les appelait.

Le trajet fut court et silencieux. La comtesse tremblait toujours.

En arrivant devant la porte du peintre, elle dit à son mari, d’une voix si faible qu’il eut peine à l’entendre:

—Descendez le premier et demandez comment il va. S’il était mort je ne pourrais plus me remuer.

Le comte sonna, entra, puis revint à la portière.

—Non, dit-il. Il va plutôt mieux.

Et il offrit de nouveau son bras pour aider sa femme à sortir de la voiture.

Sur le haut de l’escalier le médecin, le docteur De Rivil, un petit homme grisonnant, court, rond, très soigné, très poli, les attendait. Il fit à la comtesse un grand salut, puis tendit la main au comte.

Elle lui demanda, en haletant comme si la montée des marches eût épuisé tout le souffle de sa gorge: