Page 301, ligne 4, peintre. Plus mince que ses amis, avec la tête plus marquée, il avait conservé un corps étonnant de jeune homme aussi élégant dans sa nudité que distingué sous ses vêtements.
Ils...
Page 302, ligne 7, marquis. Et, soudain, surgit en lui une espèce de haine contre tous les hommes qui l’entouraient. Cette vague hostilité de parvenu qu’il avait toujours conservée au milieu de ses succès pour ses admirateurs, les gens du monde, devint tout à coup une rage furieuse contre tous ces sots à qui tout semblait dû. Durant sa vie entière, il leur avait serré la main, les traitant en égaux et, brusquement, il lui suffisait de se souvenir que le marquis de Farandal était l’un d’eux pour qu’il sentît en lui un déchaînement d’orgueil et de fureur contre eux.
Tout leur était dû, jusqu’à la tendresse de cette petite fille dont la pensée bouleversait son âme.
Puis il...
Page 304, ligne 13, nom de la célèbre cantatrice suédoise Anna Helsson, qui devait donner le mois suivant une représentation unique au grand Opéra. Ce serait, disait le journal, une magnifique solennité musicale, car le ténor Montrosé et le baryton Laverrière avaient promis de prêter leur concours. Depuis six ans Helsson n’avait plus chanté à Paris et Montrosé depuis quatre ans.
Comme tout homme qu’une passion grandissante harcèle, Olivier commençait à rapporter à son amour toutes les idées qui passaient en lui, et le désir subit l’envahit d’offrir à Annette le plaisir de ce spectacle. Puis il songea que, même dans une loge sur la scène, la comtesse ne consentirait point à accompagner sa fille, et il chercha des combinaisons. Une seule se présentait: inviter la duchesse? Mais elle amènerait son neveu! Il revit le hammam et cet homme! puis il réfléchit de nouveau.
Certes, il ne pouvait pas plus éviter la rencontre de Farandal que s’opposer à son mariage. Alors ne serait-il pas politique, pour ôter tout soupçon à la comtesse, de le comprendre dès aujourd’hui dans son invitation?
Cela, d’ailleurs, lui donnerait un prétexte pour retourner chez les Guilleroy, et il se décida, non sans peine et sans tiraillement, à arranger les choses de cette façon.
Dès qu’il eut déjeuné, il descendit à l’Opéra pour s’assurer la possession d’une des loges cachées de la scène. Elle lui fut promise. Alors il remonta vers le boulevard Malesherbes, mais à mesure qu’il approchait de la maison des Guilleroy, la crainte de retrouver chez eux le marquis lui devint intolérable. Certes, il pouvait être là comme la veille, car le mariage était maintenant sans aucun doute une chose arrêtée et fixée, bien qu’on ne lui en eût rien dit. La grand’mère d’Annette était morte depuis bientôt quatre mois; dans six semaines, deux mois au plus, la cérémonie pouvait avoir lieu sans aucune pompe. Il pressentait, il devinait la hâte de la comtesse à presser cela, et il était sûr depuis la veille qu’elle donnerait, qu’elle jetterait sa fille à Farandal dans les limites les plus rapprochées.