—Oh! ne fais pas ça, criai-je.
Il répondit avec calme:
—Bah! c’est assez bon pour elle.
Puis il rejeta dans le bateau la pieuvre crevée et mutilée qui se traîna entre mes jambes, jusqu’au trou plein d’eau saumâtre, où elle se blottit pour mourir au milieu des poissons morts.
Et la pêche continua longtemps, jusqu’à ce que le bois vint à manquer.
Quand il n’y en eut plus assez pour entretenir le feu, Trémoulin précipita dans l’eau le brasier tout entier, et la nuit, suspendue sur nos têtes par la flamme éclatante, tomba sur nous, nous ensevelit de nouveau dans ses ténèbres.
Le vieux se remit à ramer, lentement, à coups réguliers. Où était le port, où était la terre? où était l’entrée du golfe et la large mer? Je n’en savais rien. Le poulpe remuait encore près de mes pieds, et je souffrais dans les ongles comme si on me les eût brûlés aussi. Soudain, j’aperçus des lumières; on rentrait au port.
—Est-ce que tu as sommeil? demanda mon ami.
—Non, pas du tout.
—Alors, nous allons bavarder un peu sur mon toit.