Un chagrin le saisit, subit et fort, que son visage refléta.
—Oh! Et vous m’annoncez cela avec une figure satisfaite!
—Oui. Asseyez-vous, je vais vous conter tout. Vous savez ou vous ne savez pas que M. Valsaci, le frère de ma pauvre mère, l’ingénieur en chef des ponts, a une propriété à Avranches où il passe une partie de sa vie avec sa femme et ses enfants, car il exerce là-bas sa profession. Or nous allons les voir tous les étés. Cette année, je ne voulais pas; mais il s’est fâché et il a fait à papa une scène pénible. A ce propos, je vous confierai que papa est jaloux de vous, et m’en fait aussi, des scènes, en prétendant que je me compromets. Il faudra que vous veniez moins souvent. Mais ne vous troublez point, j’arrangerai les choses. Donc papa m’a réprimandée et m’a fait promettre d’aller passer dix jours, peut-être douze, à Avranches. Nous partons mardi matin. Qu’en dites-vous?
—Je dis que vous me navrez.
—C’est tout?
—Que voulez-vous? je ne peux vous en empêcher!
—Vous ne voyez rien à faire?
—Mais... mais non... je ne sais pas moi! Et vous?
—Moi j’ai une idée, que voici: Avranches est tout près du Mont Saint-Michel. Connaissez-vous le Mont Saint-Michel?
—Non, madame.