—Mon confrère de Paris vient de me communiquer la principale disposition de son testament par laquelle il institue votre fils Jean, M. Jean Roland, son légataire universel.
L'étonnement fut si grand qu'on ne trouvait pas un mot à dire.
Mme Roland, la première, dominant son émotion, balbutia:
—Mon Dieu, ce pauvre Léon ... notre pauvre ami ... mon Dieu ... mon Dieu ... mort!...
Des larmes apparurent dans ses yeux, ces larmes silencieuses des femmes, gouttes de chagrin venues de l'âme qui coulent sur les joues et semblent si douloureuses, étant si claires.
Mais Roland songeait moins à la tristesse de cette perte qu'à l'espérance annoncée. Il n'osait cependant interroger tout de suite sur les clauses de ce testament, et sur le chiffre de la fortune; et il demanda, pour arriver à la question intéressante:
—De quoi est-il mort, ce pauvre Maréchal?
M. Lecanu l'ignorait parfaitement.
—Je sais seulement, disait-il, que, décédé sans héritiers directs, il laisse toute sa fortune, une vingtaine de mille francs de rentes en obligations trois pour cent, à votre second fils, qu'il a vu naître, grandir, et qu'il juge digne de ce legs. A défaut d'acceptation de la part de M. Jean, l'héritage irait aux enfants abandonnés.
Le père Roland déjà ne pouvait plus dissimuler sa joie et il s'écria: