Rosalie se mit à trembler, et balbutia:
— Quoi, madame?
— À qui est-il, cet enfant?
Alors la petite bonne fut reprise d'un désespoir épouvantable; et elle cherchait éperdument à dégager ses mains pour s'en cacher la figure.
Mais Jeanne l'embrassait malgré elle, la consolait:
— C'est un malheur, que veux-tu, ma fille? Tu as été faible; mais ça arrive à bien d'autres. Si le père t'épouse, on n'y pensera plus; et nous pourrons le prendre à notre service avec toi.
Rosalie gémissait comme si on l'eût martyrisée, et de temps en temps donnait une secousse pour se dégager et s'enfuir. Jeanne reprit:
— Je comprends bien que tu aies honte, mais tu vois que je ne me fâche pas, que je te parle doucement. Si je te demande le nom de l'homme, c'est pour ton bien, parce que je sens à ton chagrin qu'il t'abandonne, et que je veux empêcher cela. Julien ira le trouver, vois-tu, et nous le forcerons à t'épouser; et comme nous vous garderons tous les deux, nous le forcerons bien aussi à te rendre heureuse.
Cette fois Rosalie fit un effort si brusque qu'elle arracha ses mains de celles de sa maîtresse, et se sauva comme une folle.
Le soir, en dînant, Jeanne dit à Julien: