Imiter l'exemple pour dire suivre l'exemple, rien de plus commun que cette erreur de langage. On imite la conduite, on suit l'exemple.


La prétendue erreur de langage que critique M. Molard a été commise par nos meilleurs écrivains. On la trouve dans presque tous les livres du grand siècle, selon la remarque de Bouhours lui-même, qui cependant ne croit pas cette locution de la dernière pureté. Imiter un exemple est certainement l'expression propre. Suivre, construit avec exemple, n'est employé qu'au figuré. Si l'on dit imiter les vertus, les actions de quelqu'un, c'est que l'on considère ces vertus, ces actions comme des exemples; de même que l'on dit copier une tête, un paysage, parce que l'on considère cette tête, ce paysage, comme des modèles. Il y a quelques différences entre suivre et imiter un exemple. L'abbé Roubaud les a assignées avec assez de justesse. «Il faut, dit ce Grammairien, tâcher d'imiter les beaux exemples, pour en donner, du moins, de bons à suivre.» M. Piestre, dans sa Synonymie françoise, remarque avec raison que suivre l'exemple, ne se dit qu'en matière de mœurs; et qu'en fait d'arts et de littérature, on doit dire imiter un exemple. Mais il ne restreint point la signification de cette locution, comme il restreint celle de la première.

Aux raisons que je viens de donner, ajoutons l'autorité des Dictionnaires. Voici comment s'exprime celui de Trévoux: «On dit très-bien et très-élégamment imiter des exemples, quand il s'agit d'éloquence, de poésie, de peinture, etc. On le dit même à l'égard des actions et des mœurs..... Les latins ont dit aussi imitari exemplum

Quant à l'Académie, ce qui prouve que non-seulement elle admet le mot imiter dans les cas dont nous parlons, mais encore qu'elle le regarde comme plus littéral, c'est qu'elle définit l'exemple, ce qui peut être imité. D'après M. Molard, elle auroit dû dire: ce qui peut être suivi.

XXVII.

Garante. Femme qui sert de caution. Ce mot n'est pas employé ordinairement au féminin en style de négociation, parce que rarement les femmes sont admises à servir de caution.


Garant signifiant simplement quelqu'un qui répond du fait d'autrui ou du sien propre, fait au féminin garante.[7] L'Académie ajoute que quelques-uns s'en sont aussi servis dans le style de négociation, c'est-à-dire dans le style spécialement consacré aux traités et autres affaires publiques. L'exemple que l'Académie cite ne laisse pas le moindre doute à cet égard: La Reine s'est rendue garante de ce traité.

XXVIII.