—Remis?...—fit le jeune professeur,—pourquoi «remis»?...
—Parce que vous n’avez pas dû vous amuser!... M. de Tourville et M. de Juzencourt vous ont successivement bloqué dans les coins pour vous raconter, l’un que Charles de Tourville s’était embarqué avec Guillaume le Conquérant en 1066, l’autre qu’un Juzencourt avait, en 1477, combattu Charles le Téméraire sous les murs de Nancy... est-ce vrai?...
—Très vrai!... et M. de Juzencourt a ajouté «qu’il n’y avait dans sa famille que du sang bleu»... je n’ai pas bien compris pourquoi il me racontait ça!...
—Pour vous montrer que, tracés nettement depuis 1477 seulement, mais sans la moindre mésalliance, les Juzencourt sont plus respectables que les Tourville...
—Ah!...
—Oui... M. de Tourville a épousé «une demoiselle très bien», mais qui s’appelle Chaillot et dont le père est à la Bourse... vous voyez que—côté Tourville—si c’est plus ancien, c’est moins pur!... vous faisiez une si bonne figure, en écoutant tout ça!... j’aurais bien ri si vous n’aviez pas eu l’air si malheureux!...
—Ça n’était pas l’embêtement causé par les racontars Tourville et Juzencourt qui lui donnait cet air là,—fit observer Pierrot:—depuis quelque temps, il est toujours comme ça, même avec moi... et je te promets que pourtant je ne l’accable pas de racontars sur Charles le Téméraire ni sur Guillaume le Conquérant!...
Bijou dit en riant:
—J’en suis convaincue!...
Pierrot protesta: