—Et puis... nous sommes partis... moi, le cœur très gros, naturellement!... je croyais que je m’étais trompée... qu’il ne pensait pas du tout à moi....

—Tu ne m’as rien dit de tout ça!...

—Non... d’abord je me figurais que c’était fini... ensuite, à personne, pas même à toi, je n’aurais voulu parler de ces choses... il me semble que, quand on aime tant, il ne faut parler de son amour qu’à soi-même... c’est la seule chance que l’on ait d’être vraiment compris...

—Alors,—demanda Bijou en riant,—tu supposes que je n’entends rien à l’amour?...

—A l’amour tel que je le comprends?... non!... tu es trop jolie, toi, vois-tu, trop fêtée, trop adorée, pour pouvoir, comme moi, isoler ton cœur dans une affection immense... et unique...

Bijou soupira et dit avec tristesse:

—Ça doit être si bon, pourtant, d’aimer comme ça!...

—Dame!... ça te serait facile!... ton cousin de Blaye t’adore!... oh!... ne proteste pas!... ça saute aux yeux!... je l’ai vu à l’instant...

—Tu rêves!...—fit Bijou, l’air abasourdi.

—Que non!... il t’aime, il t’aime à la folie... et il me semble très digne d’être aimé, celui-là!...