—C’est bien ce que je voulais dire!... Ah!... M. de Bernès la connaît?...

La vieille ouvrière sourit:

—J’vous crois, qu’y la connaît!... y a plus de dix-huit mois qu’ça dure!... et on peut dire qu’y a pas un plus gentil p’tit ménage qu’eux deux!...

—Ah!...—fit Jeanne intéressée—elle est si jolie, Lisette Renaud!... je l’ai vue dans Mignon... et aussi dans les Dragons de Villars...

La mère Rafut appuya:

—Oh! que oui!... qu’elle est jolie!... et sage donc!... faut voir!...

—Sage?...—dit mademoiselle Dubuisson, mais...

—Ah! oui!... pour sûr que c’est pas une demoiselle comme vous!... mais elle était sage, sage tout à fait quand elle a connu M. de Bernès... et depuis, elle n’a jamais seulement regardé quelqu’un!... lui non plus, d’ailleurs!... qu’il est d’une fidélité qu’c’en est touchant!... Pourtant, gentil comme il est, c’est pas les agaceries qui lui manquent, vous pensez bien!... même les dames de la première société qui lui courent après... et les dames d’officiers!... et la préfète donc, qui n’demanderait pas mieux!... Ah ouiche!... y leur fiche pas un coup d’œil... y n’regarde qu’sa p’tite Lisette... mais faut voir comment qu’c’est qu’y la r’garde!... bien sûr que s’il était seulement officier supérieur, y l’épouserait tout d’suite... et qu’il aurait bien raison!...

—Jeanne!...—appela Bijou—voilà le premier coup du déjeuner!...

Et, quand elles furent sorties, elle dit, d’un ton très doux où se devinait à peine le reproche: