—Et pour cause!...

Bijou dit, d’un ton de regret:

—Cette pauvre petite chanteuse!... moi, par goût, je n’aime pas beaucoup les femmes de théâtre... mais celle-là paraissait gentille et chantait vraiment bien!... c’est dommage!... et M. de Bernès doit être bien malheureux!...

Jeanne demanda, toujours sans regarder Denyse:

—Crois-tu que l’on soit si malheureux de faire souffrir?... moi, je ne le pense pas!... les inconscients font souffrir sans le savoir... les autres font souffrir parce que ça les amuse... ni ceux-ci ni ceux-là ne doivent avoir de remords...

Comme elle restait pensive, le regard perdu, Bijou lui passa doucement la main devant les yeux:

—Ne pense plus à ces choses tristes, ma Jeanne! ta peine ne changera rien à un fait accompli... et tu te fais inutilement du mal!... Allons! parlons de la revue, de chiffons... de n’importe quoi... Ah!... à propos de chiffons, ta robe va-t-elle enfin?...

—Elle va... mais elle me va mal!...

—Pas possible!...

—Très naturel, au contraire!... je n’ai pas ton teint, moi!... je suis plus pâle que toi... et ce rose me pâlit encore... et puis je suis presque maigre... alors, ce petit corsage froncé qui habille si coquettement ce que ton oncle appelle tes «rondeurs», me fait, moi, un peu trop planche... c’est d’ailleurs sans importance!...