—Une femme choisirait Giraud... parce qu’il est joli garçon... mais une jeune fille?... une jeune fille,—qui ne connaît en fait de noce, que la vraie, celle qu’on fait à l’église,—ne le choisira pas... jamais!...

—Alors tu n’en veux pas à Giraud, parce que, selon toi, il n’est pas épousable... partant, pas à redouter?...

—Précisément!...

—Eh bien?... et moi, mon pauv’vieux?... crois-tu donc que je sois épousable, moi?... me vois-tu, avec mes malheureux quatre cent mille francs, m’essayant à faire le bonheur de Bijou?... non, mais vois-tu ça?... l’appartement de trois mille, les lampes à pétrole, et le feu au charbon?... ce serait délicieux!....

—Pourtant tu l’aimes?...

—Permets... je ne t’ai pas dit que j’aimais Bijou!... je n’en sais rien!... tout ce que je sais, c’est que je la désire passionnément... et que, ne pouvant pas l’épouser, je suis très malheureux...

—Et tu crois qu’elle ne t’aime pas?...

—Pas le moins de monde!... elle n’a d’ailleurs jamais cherché à me donner le change... «Bonjour Bonsoir!... il fait beau!...» tel est le palpitant dialogue qui se renouvelle chaque jour entre nous... Alors, tu vois, tu as tort de m’en vouloir?...

—Je te demande pardon, mon pauvre Jean, mais je croyais tellement que tu étais grand favori!...

M. de Rueille s’interrompit, tendant l’oreille: