D'un large mouvement, le petit prince ôta son chapeau, et répondit en riant aussi :

— Je vous salue profondément, mademoiselle Chiffon!…

X

Pendant huit jours, Chiffon ne fit pas un pas sans rencontrer le petit Barfleur. Plusieurs fois, aussi, il vint chez les Bray sous prétexte de commissions données par sa mère ; et, un soir, en entrant dans le salon au moment du dîner, Coryse le trouva installé entre M. et madame de Bray. Elle avait vu, vers six heures, arriver le vicomte dans sa petite charrette, mais elle le croyait parti depuis longtemps et elle s'arrêta interdite.

— M. de Barfleur a bien voulu rester à dîner avec nous… — dit la marquise, qui semblait d'une humeur charmante ; — nous le reconduirons ce soir en nous promenant…

Tant que duraient les chaleurs, M. et madame de Bray sortaient habituellement en voiture après le dîner, emmenant Chiffon, à qui ces promenades étaient odieuses. Assise dans le landau en face de ses parents, elle n'osait ni bouger ni rire, et elle restait immobile et ennuyée, telle qu'elle était toujours en présence de la marquise, dans l'attente de la scène qu'elle redoutait.

Lorsque Marc de Bray entra à son tour, sa figure exprima, à la vue du petit Barfleur, un si grand étonnement, que Coryse se mit à rire. Et, tandis que sa mère passait au bras du vicomte dans la salle à manger, elle dit à l'oncle Marc, qui semblait vraiment agacé et mécontent :

— Tu ne t'attendais pas à celle-là, hein?…

Il répondit, sans paraître remarquer les regards anxieux de son frère :

— Alors, il est de la maison, à présent, Deux liards de beurre?…