— Je serai bien content… — continua-t-il — si les manœuvres finissent de façon à me permettre de partir avec lui…

— Partir?… — demanda la petite angoissée — partir pour où?…

— Mais… il ne vous a pas dit…

— Si… si… — fit-elle, voulant savoir — il m'a dit… à peu près…

— Eh bien, tout de suite après les élections, M. de Bray va voyager pendant deux mois…

— Ah!…

— Il veut voir de près bien des misères… se rendre compte de bien des choses… en un mot… il veut et peut faire beaucoup de bien… Votre oncle… mademoiselle Chiffon… est un de ces rares hommes qui passent leur vie à faire de belles actions qu'ils cachent comme si c'étaient des crimes…

— Oui… je lui ai déjà dit ça!… — murmura Coryse, se tenant à quatre pour ne pas pleurer.

La pensée que l'oncle Marc allait partir la bouleversait toute. A son retour, s'il était élu, il s'en irait à Paris où les Bray ne s'installaient qu'au printemps… elle ne le verrait plus!… plus du tout!…

A ce moment, le vicomte, penché sur l'appui du balcon, se retourna brusquement vers l'intérieur de sa chambre. Évidemment, quelqu'un venait d'entrer chez lui.