—Eh bien? dit le paysan.
—Il dit que vous pouvez allez ouvrir le grand coffre qui est là-bas dans le coin; vous y verrez le diable qui s'y tient blotti; mais tenez bien le couvercle et ne le soulevez pas trop, pour que le malin ne s'échappe pas.
—En avant! dit le fermier; viens m'aider à tenir ferme le couvercle.
Ils allèrent vers la caisse où le pauvre sacristain était accroupi, tout tremblant de peur. Le paysan leva un peu le dessus et regarda.
—Oh! s'écria-t-il en faisant un saut en arrière. Je l'ai donc vu, cet affreux Satan. En effet, c'est notre sacristain tout vif. Oh! quelle horreur!
Pour se remettre de son émotion, le fermier voulut boire encore un coup; comme les trois bouteilles étaient vides, il alla en chercher une à la cave. Ils restèrent longtemps ainsi à trinquer et à jaser.
—Ce magicien, dit enfin le paysan, il faut que tu me le vendes. Demande le prix que tu veux. Tiens, je te donnerai un boisseau plein d'écus.
—Non, je ne puis pas, répondit petit Claus. Pense donc quel profit je puis tirer de cet obligeant sorcier qui fait tout ce que je veux.
—Voyons, fais-moi cette amitié, dit le paysan. Si tu ne me le donnes pas, je me consumerai de regret.
—Allons, soit! puisque tu as montré ton bon cœur en m'offrant un gîte pour la nuit, je ferai ce sacrifice. Mais tu sais, j'aurai un plein boisseau d'écus, et la bonne mesure?