—Mais si l'un de nous est victime d'une panne?... hasarda un des aviateurs.
—Que voulez-vous dire par là?...
—Je demande si les autres viendront à son secours.
—Il y a deux cas à envisager, répliqua le président. Ou bien il s'agit d'un dérangement sans importance et que l'on pourra facilement réparer soi-même avec les moyens du bord, ou bien ce sera la panne plus ou moins sérieuse. C'est seulement dans ce dernier cas, après avoir reconnu qu'il ne peut se tirer d'affaire tout seul, que le pilote pourra réclamer l'aide de ses camarades. Pour cela, nous allons convenir d'un signal de détresse auquel nous devrons obéir.
—Cela me paraît une bonne idée! approuva le Père Tranquille, sans cesser son exercice de mastication. Il suffit de déterminer maintenant quel sera ce signal.
—Un drapeau! s'écria le jeune Médrival, un drapeau que le pannard, je veux dire l'aviateur en panne, agitera à bout de bras.
—Va pour le drapeau, acquiesça Outremécourt. Chacun de nous devra être muni dès demain de cet accessoire indispensable, et que notre trésorier se procurera dans le premier bazar venu. Vous entendez, trésorier?...
—J'ai entendu, et je ferai comme les honorables membres de l'Aéro-tourist-club le désirent, répondit Breuval en s'inclinant cérémonieusement.
—Si le cas était urgent et l'accident d'une certaine gravité, réclamant le secours immédiat d'un camarade, ajouta La Tour-Miranne, on pourrait appeler l'attention des autres équipages aériens par un signal sonore complétant le signal visuel. Il nous faudrait donc une trompette ou un sifflet très bruyant.
—J'achèterai cela demain matin, assura le trésorier. Je connais des modèles de sirène qui donnent un son extrêmement puissant, perceptible à plus de deux kilomètres de distance.