—Mâtin, ce sera un beau voyage. Il y a plus de deux cents lieues, jusque-là! remarqua Godeau.
—En attendant, tâche d'être à l'heure au parc, si tu veux que je t'emmène!...
—Sois tranquille, je n'y manquerai pas, je serai exact!...
En effet, dès huit heures précises, l'invité du partisan de l'aéronautique fit son apparition au hangar.
L'aéronaute Neffodor et son aide Gélinier s'empressaient autour de l'appareil, qui avait été regonflé et revu dans ses moindres parties après sa première excursion en Bourgogne et en Touraine.
—L'ami Réviliod n'est pas encore arrivé? demanda-t-il aux deux marins de l'atmosphère.
—Ma foi, nous n'avons pas encore aperçu le patron, ce matin, répliqua le pilote. Il n'est pas si matinal que cela.
Le nouvel arrivant examina avec attention l'aéronat immobile et qui remplissait presque complètement la vaste construction de charpente, tout en hochant la tête d'un air connaisseur.
—C'est un beau travail, murmura-t-il, tout est vraiment bien compris.
A ce moment, le bruit caractéristique d'une automobile arrivant à toute allure se fit entendre à quelque distance; ce bruit cessa brusquement et le Petit Biscuitier pénétra en coup de vent dans le hangar.