Brusquement, toutefois, il s'écria, après quelques moments de silence:
—J'ai, min Gieu... j'ai... j'ai que je ne suis pas content de toi, petiote... Non, pas content, en tout.
—Parlez, que vous ai-je fait? demanda Constance, s'amusant, comme une enfant, à tresser en nattes les longs cheveux du marin.
—Ce que tu m'as fait, ce que tu m'as fait... tu es une cajoleuse!
—Après? dit-elle souriante.
Jean Morbihan se morigénait intérieurement de sa faiblesse. Il prit son courage à deux mains et, enlevant Constance de dessus ses genoux, il la plaça sur une escabelle, à quelques pas de lui, pour ne point se laisser «ensorceler par ses minauderies.»
—Ma fille, ta conduite est répréhensible, très-répréhensible dit-il de son ton le plus sévère. Elle offense le bon Gieu et elle afflige ceux qui t'aiment. Moi, le premier, moi qui t'ai élevée avec cette brave Manon, après t'avoir rapportée de la Terre Neuve...
—Mais, enfin, quelle faute ai-je commise? s'écria Constance d'un ton impatient.
—Tu le sais bien, da oui, tu le sais! tu sais ce que je veux dire. N'es-tu pas éprise du bandit qui a tué Yvon?—ce que je ne me pardonnerai jamais...non da, jamais!
—Moi! dénia l'impudente, en riant aux éclats.