—Il faut que la justice ait son cours, répondit froidement Marc Jalobert.
Cependant, il se consulta avec un officier et reprit:
Comme, jusqu'à ce jour, le condamné a donné maintes preuves de son bon vouloir et de sa bonne conduite, et par considération pour la requête de l'offensé, nous ordonnons que Philippe soit seulement fixé par la main au mât avec un couteau, et qu'il retire sa main comme il l'entendra, mais sans arracher le couteau. Qu'on le lie!
—C'est inutile, dit Philippe, en appliquant le revers de sa main gauche ouverte contre le mât principal.
Toutefois, il était très-pâle. Des gouttes de sueur perlaient à son front.
L'équipe de service tira au sort pour savoir qui serait le bourreau.
Marc Jalobert remit à l'homme désigné un poignard finement affilé.
Celui-ci, frissonnant, comme l'assemblée entière, prit l'arme et s'approcha du coupable.
—Dépêche! dit Philippe.
L'autre visa et, sans pouvoir s'empêcher de fermer les yeux, cloua, d'un coup sec, la main au mât.