—Mais, mon oncle, dit Étienne timidement, et mes fiançailles?
—Ah! fit Jacques, en souriant de son fin sourire, ces amoureux, ça ne pense qu'à leurs intérêts! Tes fiançailles, mon pauvre garçon, ce sera pour notre retour.
—Da oui! confirma Jean.
Cartier dit alors à sa femme:
—Ma chère Catherine, tu viendras vers midi, à bord avec Constance, me dire adieu. Je ne quitterai pas les navires.
Et, l'ayant embrassée avec une rapide brusquerie pour cacher sa tristesse, il s'éloigna à grands pas.
Le jour était tout à fait venu, un jour maussade et nébuleux: l'angélus tintait à toutes les cloches de Saint-Malo; le roulement des voitures commençait à se faire entendre, la ville et son port s'animaient.
Cartier et ses compagnons se furent bientôt transportés sur leurs vaisseaux. C'étaient deux brigs de soixante tonneaux chacun, avec un château de poupe, un gaillard d'avant assez élevé, comme on les construisait généralement alors, et une batterie en barbette de quelques caronades et passe-volants sur le pont.
Les deux navires portaient ensemble soixante et un hommes[8].
Note 8: [(retour) ]
Et non le double, comme l'a écrit M. Léon Guérin, dans son Histoire maritime de France.