—Rassurez-vous, je ne vous en aime pas moins. Qui sait? ajouta-t-elle d'un ton rêveur, peut-être vous en aimé-je plus!

—Quoi! il serait vrai! s'écria le jeune homme, en se glissant à ses genoux.

Tendrement, Constance lui prit la tête entre ses mains, et lui mit un baiser au front.

Sous cette caresse, Georges frissonna. Il se retourna à demi. Ses bras amoureux s'ouvrirent pour nouer une ceinture à la taille de la jeune fille. Mais d'un bond de panthère, évitant son étreinte, elle fut dans les ténèbres qui envahissaient le reste de la chambre.

Enflammé par les désirs, il fit mine de la suivre.

—Arrêtez, Georges! arrêtez! commanda impérieusement Constance.

Puis, d'une voix radoucie:

—Ne m'avez-vous pas promis d'avoir des égards pour ma faiblesse? Je vous en conjure, retournez à votre place, et laissez-moi achever ce que j'ai à vous dire. Le veux-tu, ami? Là, soumets-toi à ma volonté, ce soir encore... Bientôt je serai tienne, ton épouse, ton esclave, tes ordres seront les miens; je ne penserai, je n'agirai plus que par toi; mais, à présent, écoute-moi, sans m'interrompre, jusqu'à la fin.

Cette prière avait été chantée avec une onctuosité d'un effet irrésistible. Georges se jeta sur son escabeau; par un mouvement plein de grâce féline, Constance s'accroupit à ses pieds.

Il y eut un moment de silence, troublé seulement par les battements précipités de leurs coeurs.