Bertrand était étendu sur un lit, pâle, les joues amaigries, la respiration sifflante.

Mais il dormait.

—Restez dehors, cria Lancelot aux femmes.

Puis il arracha son masque.

Lui aussi était bien pâle, bien changé! Ses traits n'en paraissaient que plus fins, plus délicats, ils avaient un air de féminéité.

Le comte se prosterna devant le lit, contempla longuement le malade, avança, plusieurs fois ses bras et sa tête comme pour le caresser; les retira de crainte sans doute de l'éveiller, se pencha enfin, avec un frémissement indicible, coupa à l'aide de ciseaux une boucle des cheveux de Bertrand, lui glissa ses lèvres sur le front, serra la boucle de cheveux dans son sein, et comme si ce baiser eût été pour lui un cordial réparateur, un viatique, il sortit vivement de la hutte, s'élança sans assistance sur son cheval, en criant à Samson:

—Au Wish-on-Wish!

III

BERTRAND DU SAULT

A quelques jours de là, cette fièvre ardente qui dévorait Bertrand du Sault diminua; le délire auquel il était en proie, depuis plusieurs semaines, cessa; un matin, il reprit connaissance.