—Du tout, du tout, capitaine. Le sabre m'accommode parfaitement. C'est une arme que j'affectionne. Et maintenant, convenons du lieu de la rencontre, s'il vous plaît, car demain nous n'aurons pas le temps de prendre ces petits arrangements.

—Au creux d'Enfer, il y a une pelouse…

—Va pour le creux d'Enfer.

—A quatre heures, monsieur; je vous engage à faire vos dispositions testamentaires, car je dois vous dire que je suis de première force au sabre, reprit le capitaine en tortillant ses longs favoris roux.

—A quatre heures j'y serai, répondit tranquillement le comte Lancelot.

Et, saluant le militaire, il sortit du salon pour retourner à la danse, sans remarquer que mademoiselle du Sault quittait vivement une fenêtre ouverte de ce salon, à laquelle elle s'était tenue appuyée, derrière une treille, pendant la plus grande partie de l'entretien du comte et du capitaine.

Quand Arthur la rejoignit, elle causait avec son frère.

—Mon cher ami, lui dit Bertrand, je pars… vous m'excuserez; je ne suis pas encore très-solide… Mais restez avec Emmeline… je vous renverrai la voiture.

—C'est cela, dit la jeune fille. Il vaut mieux que tu rentres, mon bon frère… Monsieur le comte me ramènera… je l'espère.

Et son regard interrogateur demanda une réponse affirmative à Lancelot.