On y comptait quatre pièces: une salle à manger un cabinet de travail, un boudoir et une chambre à coucher, où jamais profane n'avait pénétré, pas même le fidèle serviteur.

Toutes les fenêtres étaient munies de barreaux en fer et les volets intérieurement doublés avec de fortes plaques de tôle.

L'habitation se trouvait ainsi à l'abri des voleurs et des curieux; elle pouvait, ou besoin, soutenir un siège de quelques heures… En entrant, Lancelot battit du briquet, alluma une bougie placée dans le vestibule sur une console, et après avoir soigneusement refermé la porte extérieure, monta à son appartement.

Il s'arrêta dans le cabinet de travail.

C'était une petite pièce, tendue en cuir de Cordoue et meublée avec un goût sévère: le secrétaire, la bibliothèque, le fauteuil étaient en ébène, sans sculpture.

Des armes du plus grand prix, recueillies dans toutes les parties du monde, pendaient aux parois de la muraille et y tenaient lieu de peintures.

Arthur ouvrit le secrétaire, déposa son bougeoir sur la tablette, s'assit, et tira de sa poche l'objet qu'il avait ramassé dans le jardin de Bellevue.

Cet objet, roulé, de la grosseur d'un tuyau de plume, n'était autre chose qu'un papier.

Le jeune homme le déplia, d'une main frémissante. Une écriture fine et tourmentée le couvrait tout entier.

Lancelot en lut et relut les lignes, avec une émotion profonde.