—Mais, dit Arthur, je croyais que vous vous rendiez directement à la villa, quand vous m'avez quitté?
—Tiens! dit Emmeline, il n'est donc pas allé chez vous?
—Bertrand! non, répondit le comte, prenant plaisir à taquiner son ami.
—Ah! fit ce dernier, j'ai rencontré une connaissance et nous sommes montés au club.
—A minuit! dit Emmeline en secouant la tête d'un air incrédule.
—D'abord, il n'était qu'onze heures…
—Mais que me vouliez-vous donc? reprit Arthur.
Bertrand était fort mal à l'aise. Il s'agitait comme s'il eût eu des épines sous les pieds.
—Bon, bon! dit sa soeur. Il nous cache quelque chose. Mais va, sois tranquille, nous ne te tourmenterons pas davantage. Conserve pour toi ce que tu ne veux pas nous dire. On sera aussi discret que vous, monsieur. Seulement tu nous expliqueras comment il se fait que tu rentres par la petite porte du parc qui devrait être fermée!
—Oh! rien de plus facile, répondit-il du ton d'un homme soulagé d'un lourd fardeau. J'allais passer par la porte de la grille, quand Médor, sortant d'ici, s'est jeté dans mes jambes. Surpris que la petite porte fût ouverte, j'ai monté pour la fermer au verrou, et voilà! Pardonnez-moi, je me retire.