Puis, il se baissa, ramassa une hache de silex, et trancha en deux la main d'un Esquimau qui cherchait à se cramponner au bordage.

Le malheureux lâcha prise en hurlant et tâcha de remonter sur le glaçon. Mais, personne ne lui venant en aide, chacun étant occupé ailleurs, il finit par s'épuiser et se noyer.

La lutte continuait avec acharnement, au milieu des cris et de l'obscurité naissante.

—Ah! sans la nuit, nous aurions beau jeu de ces bandits, disait le capitaine, en perçant de sa lance le corps d'un autre Esquimau qui tentait l'abordage.

—Au contraire, répondit Triuniak; au contraire, car la nuit leur fait peur. Ils ne combattent jamais dans les ténèbres. Que nous puissions tenir jusqu'à ce que l'obscurité soit complète…

—Ah!… je suis mort, père! exclama douloureusement Dubreuil, en roulant aux pieds de son brave compagnon.

Il avait été frappé à la tête par la massue d'un Uskimé qui avait réussi à nager inaperçu jusque sous l'éperon du vaisseau, d'où il s'était élancé soudainement sur le pont.

—Oh! mon fils! je te vengerai! proféra Triuniak avec un accent terrible.

Puis, il bondit sur l'agresseur, et lui fendit le crâne d'un coup de sa hache.

—A mort! à mort! acclamaient les Esquimaux, se pressant en foule à l'abordage.