Puis il ordonna à la troupe de rester en place, prit deux hommes bien armés avec lui, et grimpa silencieusement vers la caverne.
Ils firent si peu de bruit et Dubreuil dormait si profondément, que notre aventurier fut entouré, saisi et lié avant d'avoir pu faire un mouvement pour se défendre.
Porté en triomphe au village, à travers les huées d'une foule barbare, il eut à subir les outrages les plus cruels.
Toujours et en tous lieux, plus excitables que les hommes, les femmes déployaient principalement leurs violentes passions contre le malheureux captif. Il n'échappa que difficilement aux griffes de ces mégères, qui le voulaient mettre en pièces.
On le déposa, tout sanglant, les vêtements en lambeaux, le corps meurtri, couvert d'immondices, dans la loge de l'angekkok-poglit Kougib. La vue de ce scélérat fit oublier à Dubreuil les souffrances qu'il endurait.
—Meurtrier, lui cria-t-il, je mourrai sans doute par tes mains, mais
Triuniak me vengera!
—Kougib, répondit froidement le jongleur, couché sur son lit, Kougib ne craint pas plus Triuniak qu'Innuit-Ili. Tu es cause de la mort de Pumè…
—C'est un odieux mensonge!
L'angekkok-poglit se prit à rire.
—Toutou-Mak me l'a avoué! dit-il.