—Elle vit! répondit simplement l'Indien.
—C'est faux! hurla Kougib.
—O mon Dieu! je vous remercie! s'écria dans sa langue maternelle
Guillaume en levant les yeux au ciel.
—C'est faux! faux! répétait l'angekkok avec rage.
—Mais, où est-elle? demanda vivement le Français.
—Elle est à Baccaléos.
—Quoi! vrai, mon frère? tu ne te trompes pas? tu ne me trompes pas? faisait Dubreuil avec une agitation indicible.
—La langue de Kouckedaoui a toujours été droite. Il te dit que
Toutou-Mak est à Baccaléos, qu'elle vit: cela est. Elle t'attend,
Innuit-Ili. J'étais parti avec mes guerriers pour aller te chercher au
Succanunga. Te voici, je te ramènerai, je ferai le bonheur de celle que
tu aimes. Dis-moi maintenant, mon fils, qui t'a conduit ici.
—Le hasard, répondit Dubreuil. Croyant que ta fille était morte, Kouckedaoui, j'avais construit un grand canot, pour retourner dans mon pays. Triuniak, le père adoptif de Toutou-Mak, m'accompagnait…
—Triuniak, je sais, dit l'Indien Rouge, il t'accompagnait! Où est-il? Mon coeur se gonfle à l'idée de le voir. Il fut bon pour Toutou-Mak, bon pour toi, je l'aime. Montre-le-moi.