—Toutou-Mak! s'écria Shanandithit, en relevant ses yeux mouillés sur ceux de son mari.
—Toutou-Mak, affirma-t-il de nouveau.
—Où est-elle? dis-moi, Kouckedaoui, où elle est. Je n'ose croire à tant de bonheur.
—Toutou-Mak est au fond du grand lac salé, dit alors Kougib d'un ton moqueur.
Cette imprudente interruption ramena sur l'angekkok-poglit l'attention de l'Indien Rouge.
—Je vais, dit il avec emportement, mettre fia à tes criailleries de hibou.
Et appelant quelques-uns de ses compagnons:
—Reconstruisez le bûcher, leur ordonna-t-il, quand il sera prêt, rôtissez ce chien hargneux.
Dubreuil essaya encore d'intervenir en faveur de Kougib. Ce fut en vain. Kouckedaoui ne voulut pas céder. L'eût-il voulu, que sa bande ne l'eût pas écouté. Il lui fallait une victime humaine pour immoler à Agreskoui, sa divinité de la guerre; cette victime était là. Le sacrifice devait être consommé. Du reste, l'angekkok-poglit ne faisait aucune tentative pour apaiser les vainqueurs. Loin de là, il provoquait à plaisir leur ressentiment par ses fanfaronnades et les injures dont il les accablait.
Pendant qu'on redressait le bûcher et que Kouckedaoui causait un peu à l'écart avec Shanandithit, un bouhinne, magicien, qui accompagnait les Indiens Rouges, posa brutalement la main sur Dubreuil, toujours assis à l'endroit où le chef l'avait placé.