Guillaume tourna la tête et aperçut une douzaine de bipèdes, si grotesques d'apparence, qu'il se demanda aussitôt si c'étaient des singes ou des êtres humains. Ils n'étaient que poil des talons à la tête, et, de leur visage, on distinguait seulement les yeux, les traits étant masqués par une pelleterie ou par un cuir naturellement et très-épaissement velu.
Hommes ou animaux, ces créatures criaient et gesticulaient à l'envi.
Guillaume aurait été fort embarrassé de se prononcer sur leur espèce, quand l'un de ces individus banda tout à coup un arc qu'il tenait à la main, comme un bâton, y plaça une flèche et la décocha à la vache marine.
Touchée au coeur, elle expira presque immédiatement.
Sa mort fut signalée par un redoublement de clameurs.
Cependant, les sauvages avaient découvert l'homme blanc, et ils s'étaient arrêtés, ne sachant s'ils devaient avancer ou reculer.
La délibération fut courte.
Ils étaient en nombre: plus que suffisant pour avoir peu du chose à craindre de cet étranger.
Celui d'entre eux, qui avait achevé le morse, fit quatre ou cinq pas vers Dubreuil, et, par des signes, l'invita à les joindre.
Il n'y avait pas à hésiter. Le capitaine se rendit à l'invitation.