Sa brillante clarté réconforta le capitaine.

Cependant ils n'étaient point encore sauvés.. L'Océan moutonnait autour d'eux. Leur bateau, fatigué, défoncé, ouvert en vingt places, menaçait de sombrer. Nulle part on ne distinguait une côte, et les deux navigateurs avaient de l'eau jusqu'à la ceinture.

—Allons, hardi, mon père! criait Dubreuil, vidons notre koné.

L'Esquimau, lui aussi, s'était senti ranimé par l'apparition de l'aurore.

Il lutta d'ardeur avec le capitaine, et, après un travail opiniâtre qui dura jusqu'à midi, ils eurent la satisfaction de voir leur embarcation à peu près asséchée, et leurs voies d'eau aveuglées avec des morceaux de peau de phoque.

Le grand mât avait été cassé. On le raccommoda du mieux possible, ainsi que le gouvernail, et le navire reprit assez légèrement sa route.

—Innuit-Ili, dit Triuniak au Français, tandis qu'ils mangeaient une tranche de morse à demi avarié par l'eau de la mer, je veux apprendre à connaître le Dieu de ta race, car il est plus fort que celui des Uski. Il a battu Torngarsuk: tu m'enseigneras à le remercier.

—Mets-toi à genoux, joins tes mains, et répète avec moi les paroles que je vais prononcer, répondit aussitôt Dubreuil.

Ils se prosternèrent tous deux sur le pont, et, d'une voix profondément émue, Guillaume récita le Credo, cette éloquente reconnaissance de la divinité par les chrétiens.

—Tu m'instruiras dans ta religion, mon fils, dit l'Uski, quand ils eurent élevé à l'Éternel l'hymne de leur gratitude.