—Laisse donc ces enfants se divertir un brin, Stephen, dit l'Irlandais, en s'adressant au cabaretier.
—Attends, tu vas voir, répondit celui-ci sortant de sa poche une paire de pistolets et se jetant entre les deux adversaires qui la chevelure ébouriffée, les prunelles ardentes, les narines frémissantes, le corps demi-tendu semblaient mesurer l'intervalle qui les séparait.
—Si l'un de vous fait un mouvement, dit Stephen, je lui fais sauter la cervelle comme à un chien.
—Bateau, j'aimerais à être témoin du fait, dit Mike, qui était flegmatiquement resté assis et continuait de polir la lame de son couteau.
—Arrière! dit tout à coup l'Cageux, essayant d'écarter Stephen pour se précipiter sur John.
—Arrière toi-même! répondit le cabaretier; arrière ou je fais feu!
Durant ce colloque, John avait pris le bon parti; il s'était prudemment esquivé.
—Affreux gredin! dit soudain l'Irlandais, s'apercevant le premier de cette brusque retraite; il a décampé. En place; repos!
—Oh! il me le paiera! mâchonna l'Cageux entre ses dents.
—Bateau, dit Mike, il l'a échappé belle! Sans toi, Stephen, je crois que ce brave Cageux…..