»Mais pourquoi faut de souffrances, d'injustices et d'erreurs dans le monde, si l'homme veut la vérité, la justice, le bonheur?

»C'est que primitivement l'ignorance était la condition de l'homme et de la société, et c'est de cette ignorance que sont sortis les fléaux qui nous accablent:

»L'égoïsme,

»La misère,

»Les fausses doctrines,

»Les lois injustes, etc., etc.

»Et ce sont ces fléaux qui ont perverti l'homme et l'ont condamné à d'horribles souffrances!…

»Mais une espérance immortelle le soutient!… La souffrance même force l'humanité à développer les ressources de sa nature. Sous l'aiguillon de la nécessité, le travail féconde la terre, crée l'industrie et les richesses; l'étude mûrit la raison de l'homme, anéantit successivement toute superstition, tout préjugé, toute erreur. Sur les ruines des sociétés subversives s'élèvent des sociétés moins injustes. L'humanité prend possession de sa puissance et déchire le voile qui lui cachait sa véritable destinée.»

VI

Paver de politique jusqu'aux pages d'une nouvelle, c'est dépasser les bornes des respect? qu'on vous doit, n'est-ce pas, mesdames? Oh! les feuilletonistes ont d'abominables lubies, j'en conviens. Tout aussi bien que les publicistes, il faudrait les accrocher à la lanterne! mais, que voulez-vous? chacun a ses petits défauts, nous comme vous chères lectrices. Gracieux chez votre sexe, ces défauts sont grossiers chez le nôtre! Qui est coupable? pas vous assurément; imaginez-vous que nous le soyons davantage! Cependant il existe un criminel! Si nous le cherchions, ce méchant, cet esprit du mal qui agace nos muscles, irrite nos nerfs, aigrit notre voix, exaspère nos doigts, met du feu sous nos pieds, de la lave dans notre corps, des épingles sur le coussin de notre fauteuil, des tisons ardents dans notre cerveau; Ah! oui, si nous le cherchions! Voyons:—où est-il? qu'on nous le montre? où se cache-t-il! qu'on nous l'apporte cet assassin, ce meurtrier, cet iconoclaste, ce déchireur de gazettes, ce rongeur de livres, ce…—Mesdames, placez-vous la main sur le coeur et vous le sentirez palpiter. Messieurs, tâtez-vous le pouls et vous compterez ses pulsations! il est dans notre sang, il est dans notre économie, il s'appelle la nature organisée.