Le domestique obéit, et, soutenant l'Indienne par le bras droit, il commença à monter avec elle la falaise qui est escarpée et d'une ascension difficultueuse, surtout dans l'obscurité.
Il faisait froid et le vent soufflait âprement.
Poignet-d'Acier, qui avait sauté sur la berge, tirait à lui le canot, par une corde de ouatap, pour l'attacher à une saillie du roc, dans une petite anse où il serait à l'abri de la tempête. Mais tout d'un coup le cordage cassa et le canot, entraîné par un paquet d'eau que poussait une rafale, disparut au milieu des ombres.
L'aventurier lâcha une exclamation de désappointement.
Il était, toutefois, trop rompu aux vicissitudes du genre d'existence qu'il avait adopté pour se laisser décourager par une semblable perte.
—Avec un tronc d'arbre nous en referons un autre, pensa-t-il.
Et, à son tour, il gravit la Roche-Rouge.
A mi-hauteur, derrière un massif d'arbousiers et de plantes saxifrages, la nature a pratiqué une étroite ouverture par laquelle on pénètre dans une enfilade de galeries souterraines aussi curieuses par leur étendue que par la variété des formes qu'elles affectent.
Ces cryptes, inconnues à cette époque des habitants du rio Columbia, avaient été découvertes par Poignet-d'Acier, qui les avait explorées en partie, y emmagasinait des lots de pelleterie et s'y réfugiait aux heures de péril. Il les eût vraisemblablement toujours habitées sans leur insalubrité.
En atteignant l'orifice, le capitaine trouva Jacques qui l'attendait presque cérémonieusement, une torche à la main.