—Mes gens avec les Peaux-Rouges! cela me dépasse! Regarde toi-même,
Jacques.
Il lui tendit son instrument.
Le vieux serviteur y appliqua son oeil et découvrit, sur la rive méridionale, une escadrille de quinze à vingt canots, remplis de Clallomes, parmi lesquels, leur costume, il n'était pas difficile de reconnaître cinq trappeurs.
—Je crois bien que c'est Baptiste, Jean et les autres, dit-il en se tournant vers son maître.
—Eh! sans doute ce sont eux. Mais que peuvent-ils faire avec les
Chinouks, nos ennemis jurés? Je n'en reviens pas.
—Oh! ce ne sont pas des Chinouks, monsieur, dit Jacques. Les Chinouks ont leur bouclier rond et ceux-ci l'ont ovale. Les premiers ont généralement aussi le nez percé et traversé par des morceaux de nyaquau, vous savez?
—Je n'avais pas fait cette remarque. Laisse-moi voir!
Reprenant la lunette, Villefranche recommença son examen.
—C'est vrai, dit-il au bout d'un instant. C'est un parti de Clallomes qui se dispose à marcher au combat. Mais ou vont-ils, et comment se fait-il que nos Canadiens les accompagnent?
—Si monsieur m'y autorisait…