—Castors et loutres! ça va chauffer plus dur que je ne le supposais, ajouta Nick entre ses dents. Sus aux Anglais, mes chiens! sus!

S'adressant à Ouaskèma.

—A nous deux maintenant, la belle! C'est un fameux service que Nick Whiffles va te rendre là; j'espère bien que tu l'en récompenseras, ô Dieu oui! Mais, j'y pense, impossible que tu puisses escalader ces pieux, avec ton bras blessé. Diable! c'est un inconvénient. Ah! la porte du fort est ouverte. Suis-moi de près. Les chiens nous défendront par derrière. Il faut faire une trouée au milieu de ces tapageurs. Par bonheur, on n'y voit goutte. Tu ne sera pas reconnue. Ici, Calamité! Ici, Infortune! et, si on nous touche, jouez des mâchoires, mes gaillards! Allons! vermines, rangez-vous, ou je vous assomme, c'est Nick Whiffles qui vous parle, oui bien, je le jure, votre serviteur!

Tout en monologuant à son habitude, le brave trappeur écartait avec la crosse de sa carabine les gens, hommes et femmes, Visages-Pâles ou Peaux-Rouges, Canadiens ou Anglais, qui obstruaient la cour.

Il n'était plus qu'à dix pas de l'entrée. Encore quelques efforts, et le succès couronnait son entreprise.

Mais là un obstacle imprévu l'attendait.

Un meuglement prolongé se fit subitement entendre.

—Oli-Tahara! le Dompteur-de-Buffles! les Chinouks! les Chinouks! clamèrent plusieurs voix dans la foule.

—Barricadez la porte, cria le sous-chef facteur.

Aussitôt toute dissension cessa. Chacun redoutait les Chinouks. C'était l'ennemi commun. Il fallait se réunir pour lui faire face. On obéit à l'ordre du sous-chef et la porte fut fermée.