—Que veulent mes frères, les braves Clallomes, au chef Blanc? demanda-t-il froidement.

—Le Visage-Pâle l'apprendra avant que la lune ait renouvelé sa face, répondit un des Indiens, qu'à ses nombreuses coquilles de aiqua il était facile de reconnaître pour un sagamo ou sachem.

—Mon frère consentirait-il à ouvrir ma tunique? reprit Poignet-d'Acier.
Il trouvera sous ma chemise de chasse un gus-ke-pi-ta-gun [24].

[Note 24: Amulette, sac à médecine secrète.]

Le sachem adhéra à sa prière, et, écartant les vêtements qui couvraient la poitrine de Villefranche, il mit à jour un sachet en peau de requin, grand comme une pièce d'un franc.

—Que mon frère regarde dans ce sac à médecine! continua le capitaine.

L'Indien considéra un instant le sachet avec une attention respectueuse, puis il desserra le cordon qui le fermait comme une bourse de cuir, et en retira une coquille aplatie et ronde, avec étoiles concentriques, alternativement blanches et brunes à la circonférence, blanches et bleues, bleues et rouges au milieu.

C'était l'amulette que Ouaskèma avait envoyée à Villefranche par Oli-Tahara; le sauf-conduit, si je puis me servir de ce terme, sur lequel il comptait pour se faire rendre la liberté.

Un moment il put croire à l'autorité de ce symbole révéré chez les
Clallomes, car à sa vue ils parurent frappés de crainte et reculèrent.

Mais, sans s'émouvoir, le sachem remit la coquille dans le gus-ke-pi-ta-gun, le replaça au cou de Poignet-d'Acier et dit: