Du bout de sa crosse, Poignet-d'Acier repoussa l'affreuse bête expirante et se pencha vers la pauvre Indienne, que la mort marquait déjà de son sceau indélébile.

—Mon frère, donne-moi ta main! balbutia Ouaskèma.

Et, quand il eut complu à son désir:

—Dans le monde des esprits nous nous reverrons, lui dit-elle…
Hias-soch-a-la-ti-yah l'avait dit: Ouaskèma ne pouvait avoir d'autre
époux que le chasseur blanc… La haut il tiendra sa promesse…
Ouaskèma est joyeuse de mourir ainsi… Que mon frère pense à la petite
Merellum…

Après ces mots, elle rendit l'âme.

Oli-Tahara, le Dompteur-de-Buffles, l'avait-il tuée sans intention, en voulant la préserver de la férocité du carcajou, ou bien la jalousie l'avait-elle poussé au meurtre?

FIN

Gigny (Yonne), octobre 1861.

________________________________________ Coulommiers.—Imp. P. Brodard et Gallois