—Merellum, la Petite-Hirondelle, répliqua du dehors une voix enfantine.
—Merellum, dit Poignet-d'Acier, qu'elle entre! Je suis bien aise de la voir!
Jacques avait déjà ouvert la porte; une petite fille de dix à douze ans s'élança aussitôt vers Poignet-d'Acier, qui la prit dans ses bras, la baisa au front et l'assit sur ses genoux.
Son teint avait une blancheur qui devait la faire considérer comme une merveille dans les solitudes du Nord-Ouest, et qu'on eût remarquée même en Europe. Elle n'était pas jolie, mais une intelligence vive et précoce, éloquemment peinte, dans tous ses traits, suppléait à la beauté qui lui manquait. Sa robe de peau d'antilope était déchirée, et ses longs cheveux épars.
—Petit oncle [10], dit-elle à Poignet-d'Acier, grand, grand malheur!
[Note 10: «Mon frère», «mon cousin», «mon oncle», «ma tante» sont des termes d'amitié fort usités par les Canadiens dans le désert américain. Ils n'impliquent pas toujours une idée de parenté.]
—Un malheur! ma Petite-Hirondelle, comment cela? répliqua-t-il avec intérêt, en s'apercevant du désordre de la toilette de l'enfant.
—Ma tante, Ouaskèma…
Et Merellum fondit en larmes.
—Eh bien, ta tante Ouaskèma?