—Les oreilles des chefs clallomes sont ouvertes aux paroles de leur frère Langue-de-Vipère.

L'irlandais éleva la voix.

—Le sang des nobles Clallomes s'échauffera, leur coeur se gonflera d'une juste colère quand ils auront entendu mon discours, car les ossements de leurs pères crient vengeance, et la mort de Ouaskèma ne peut rester impunie.

Un murmure de surprise et d'indignation accueilli ce début. Pad, content de l'effet qu'avait produit son exorde, continua:

—Poignet-d'Acier et sa bande ont tué la vierge clallome et le parti qui l'accompagnait.

—Comment mon frère l'a-t-il appris? demanda un chef.

—Langue-de-Vipère a vu, répliqua Pad.

Et il raconta que les trappeurs, commandés par Poignet-d'Acier s'étaient joints aux Chinouks pour attaquer et mettre à mort Ouaskèma, avec la petite troupe qui l'aidait à faire une provision de ouappatous dans l'île de Sable.

Ce mensonge fut débité avec une impudence dont les Indiens furent dupes. L'absence prolongée de la jeune Tête-Plate donnait au surplus du poids aux assertions de Pad. On le questionna. Il répondit sans hésiter, fournissant des détails sur cette affaire, indiquant le lieu de l'engagement et proposant aux Peaux-Rouges de les y conduire. Mais ceux-ci craignirent un piège et déclinèrent sa proposition.

Un des chefs prit la parole: