—Dans ton canot? répéta le Dompteur-de-Buffles en tressaillant.
—Oui, dit froidement le capitaine à qui ce mouvement n'avait pas échappé. Elle a été blessée par ton jeesukaïn; je vais la reconduire à sa tribu.
Tu ne l'emmènes pas chez toi? demanda l'autre sans chercher à déguiser la satisfaction que lui causaient les dernières paroles de Poignet-d'Acier.
—A moins qu'elle ne veuille s'y arrêter! Le front du métis se plissa.
Il y eut un moment de silence, qui fut rompu par un mugissement du buffle.
—Tonnerre ici s'écria le Bois-Brûlé.
—Oui, c'est à ton taureau que tu dois la vie. Je te pensais mort et j'allais partir, quand un beuglement de cet animal me ramena sur le cap.
—Ah! c'est une fine bête, dit le métis en s'approchant du buffle et le caressant de la main. Je l'avais laissé au pied de la côte pour aller pêcher avec les Chinouks dans une île… Mais j'y songe… ils vont revenir en nombre et t'attaquer, Poignet-d'Acier.
—S'ils m'attaquent, ils trouveront à qui parler, répliqua le capitaine en frappant des doigts le canon de son fusil.
—On est cinq, ajouta Jean, et, bateau! on vaut cinq fois cinq de ces vermines; fourre-toi ça dans la boule, mon cousin!