[Note 7: Capot; terme canadien. Nous disons capote, redingote, paletot.]

[Note 8: Rassade, terme donné par les sauvages et les métis de l'Amérique septentrionale aux broderies qu'ils font avec des coquillages, des baies, des graines de verres ou des piquants de porc-épic.]

Le seul défaut qu'on eût trouvé en lui, c'est qu'il était trop efféminé pour qu'on pût espérer le voir prendre un développement plus viril; toutefois, ce défaut inspirait plutôt un sentiment d'admiration que de mépris, car il y avait dans les yeux de ce bel enfant une flamme qui glaçait toute idée de dédain ou de pitié.

Un sourire folâtrait sur ses lèvres, quand le trappeur se tourna vers lui.

—Ah! c'est toi, Sébastien?

—Oui, c'est moi, Nicolas. Je vous ai vu glisser sur le versant pour observer quelque chose, et je suis venu. Montagnais[9], vous vous parliez à vous-même?

[Note 9: Locution canadienne, pour montagnard.]

—Tu as de bons yeux et de bonnes oreilles, garçon, ô Dieu, oui! Mais, suis mon avis, et ne t'éloigne pas du camp.

—C'est que, voyez-vous, le camp est bien seul quand vous n'y êtes pas, répliqua Sébastien d'un ton de bouderie enfantine. Et je n'aime pas à vous perdre de vue, père Nicolas.

—Le camp, bien seul! bien seul, quand Infortune et Maraudeur y sont—une paire de bêtes aussi friandes de toi que d'une bosse de bison fraîche. Dieu te bénisse, garçon, quelle meilleure compagnie veux-tu? Eh! n'est-ce pas plaisir que de s'asseoir à la porte du camp et de voir l'Hérissé brouter l'herbe tendre, ou faire gigoter ses sabots en l'air quand il est de belle humeur?