Le trappeur attendit une réponse, mais n'en recevant pas, il ajouta:

—Te voilà donc fâché! fâché contre un homme qui donnerait tout son sang pour toi! est-ce que c'est possible?

Sébastien sourit légèrement et murmura:

—Je croyais que vous étiez parti, Nicolas.

—Parti! oui, c'est-à-dire, non, enfant. La nature m'a emporté, c'est vrai; mais je n'étais pas parti, quoique j'aurais peut-être dû partir pour donner une leçon à ce coquin-là. Mais si tu ne m'en veux pas; c'est bon, n'est-ce pas?—Encore ce Pathaway qui écoute. Il écoute toujours, lui! Enfin si c'est son idée à lui d'écouter. Je n'aime pas ça, mais chacun a ses idées! La paix est faite, hein, petit?

—J'avais peur pour votre sûreté. Cet homme m'effraye tant, articula
Sébastien avec un accent douloureux.

—Et tu as raison! oui lu as raison, s'écria Whiffles d'une voix tonnante. Et c'est parce que tu as raison que je suis si furieux contre ce coquin-là.

—Mais le poursuivre à cette heure ne serait-ce pas vous mettre en péril? Vous pouvez être certain que quelques-uns de ses camarades rôdent dans le voisinage. Surveillez-le si vous voulez, et vous arriverez à lui. Mais pas d'empressement. La précipitation est toujours nuisible, vous le savez bien, Nicolas. Découvrez donc sa retraite et vous trouverez, j'en suis sûr, des gens prêts à vous aider.

—Beaucoup! beaucoup! dit Pathaway en se rapprochant d'eux. Il est sans doute question de ces brigands qui infestent le pays, eh bien, moi pour un, je suis disposé à les chasser de leur repaire. Les compagnons ne nous manqueront pas, j'en suis certain. Mais partir ce soir serait imprudent, je crois. N'est-ce pas aussi votre avis, trappeur?

—Oui, dit Portneuf à qui s'adressaient ces paroles.