LE DUEL
Le soleil à son déclin versait sur la terre des rayons obliques qui mordoraient la cime des forêts. Les insectes achevaient de bruire sous l'herbe; les murmures du jour s'éteignaient peu à peu, et les oiseaux nocturnes commençaient à secouer leurs ailes.
Pathaway, les bras croisés, se tenait dans le vallon où la veille il avait eu, avec Hendricks, la scène racontée dans notre précédent chapitre. La mélancolie de cette heure solennelle se mariait à la mélancolie de ses pensées.
Insensiblement, le crépuscule jeta sur les objets des teintes vagues qui finirent par se perdre sous une mantille grisâtre. La brise cessa de faire frissonner les feuilles; le calme envahit la montagne.
Cette tranquillité parlait, comme une voix au coeur du jeune homme. Ses sympathies entraient en ardente communion avec la nature. Il en ressentait toutes les douces impressions.
Tout à coup, un homme parut sur le flanc de la colline.
C'était Hendricks.
—Je vous attendais, dit Pathaway quand il fut arrivé près de lui; et je craignais que vous n'eussiez oublié notre rendez-vous.
—Je suis venu pour me battre et non pour bavasser, répondit Dick d'un ton bourru.
—Vous serez satisfait, capitaine.