La colline franchie, Pathaway aperçut dans la plaine plusieurs chevaux. Il devina que les brigands les avaient laissés à cet endroit afin de le surprendre plus aisément.
Chacun d'eux enfourcha un des animaux. Carlota elle-même se mit en selle, et fit placer Pathaway sur un cheval à côté d'elle.
Jamais notre héros ne s'était trouvé dans une situation aussi neuve, aussi propre à éveiller de sérieuses réflexions.
La nuit était tout à fait venue. Mais il ne faisait pas si noir que le jeune homme ne pût voir et admirer les attraits de sa compagne, car elle était belle, Carlota, la reine de cette horde sauvage!
Elle portait le même costume que le jour où Pathaway l'avait vue pour la première fois.
Ses traits étaient accentués, mais empreints d'une grande noblesse. Un ruban de velours, très étroit, ceignait son front et retenait ses cheveux dont les boucles tombaient capricieusement sur ses épaules.
Elle avait la taille fine, les épaules bien développées et tous les signes d'une santé robuste, capable de résister aux fatigues et aux privations. Ses yeux étaient noirs et d'un éclat difficile à soutenir.
Elle montait son cheval avec une élégance merveilleuse: tout en elle annonçait la femme habituée depuis l'enfance aux périls de la vie du désert. Pathaway fit, on le conçoit, un examen détaillé de sa personne, car il voulait savoir s'il pourrait s'échapper en l'intéressant à son sort.
—Singulière vie pour une charmante femme comme vous! dit-il, en se penchant à demi vers Carlota.
Elle arrêta brusquement son cheval.