Wiley aurait voulu parler, mais une crainte mortelle le tenait muet, à demi paralysé sur le sol.
Le chasseur noir tailla aussitôt une large bande de peau d'antilope dans la casaque de chasse du brigand. Puis il lui dit:
—Tourne-toi et dépêche.
Jack obéit avec un grognement.
Aussitôt Pathaway lui appliqua sur la bouche ce bâillon d'un nouveau genre, en découpant dans le même vêtement deux autres lanières, il lia avec rapidité les mains et les pieds de Wiley qui n'osait bouger quoique les ligatures faites, sans trop de délicatesse on le conçoit, fissent jaillir le sang de son épiderme.
Cela terminé, Pathaway s'adressa encore à Wiley:
—Tu vois, coquin, que les choses changent quelquefois plus vite que nous ne le prévoyons. Si tu avais été le prisonnier et moi la sentinelle endormie tu m'aurais tué, n'est-pas?
En prononçant ces paroles, le chasseur noir passait à sa ceinture les pistolets de Wiley, s'emparait de munitions et tout en jetant la carabine sur son épaule il ajouta:
—Il suffirait d'un coup, tu vois, pour mettre fin à ta misérable existence. Mais je ne suis pas de ceux qui aiment à verser le sang. Je ne le fais qu'à mon corps défendant… Je t'avertis, néanmoins, que je demeurerai quelques instants sur le seuil de cette cabane, et si tu fais un effort pour crier ou te détacher, j'en finirai avec toi.
Cette menace était inutile. Abruti par le whiskey, terrifié par ce qui venait de se passer; Wiley ne songeait pas à lutter, contre ce redoutable adversaire.